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Les proches aidants

Derrière une personne qui traverse un trouble psychique, il y a souvent quelqu’un qui tient. Sans formation, sans relais — et sans qu’on lui demande jamais comment il va.

Qui sont les proches aidants

Un parent, un conjoint, un frère, un enfant devenu grand trop vite. En santé mentale, le proche aidant est rarement désigné : il le devient, par la force des choses, parce qu’il était là.

Son rôle n’a rien d’officiel et pourtant il fait tout : rassurer, veiller, accompagner aux rendez-vous, gérer les papiers, appeler à l’aide quand ça dérape. Souvent en plus d’un travail et d’une vie de famille.

La charge invisible

Ce qui pèse le plus n’est pas toujours ce qu’on voit. C’est l’inquiétude permanente, l’oreille tendue en pleine nuit, l’impossibilité de partir en week-end l’esprit tranquille. C’est aussi la solitude : la maladie psychique reste taboue, alors beaucoup n’en parlent à personne, y compris au travail.

S’y ajoutent des sentiments difficiles à avouer — la colère, la lassitude, parfois la honte, et la culpabilité de les ressentir. Ils sont pourtant normaux, et les nommer soulage déjà.

L’épuisement guette

Un aidant qui tient depuis des années finit par s’user : fatigue chronique, sommeil abîmé, isolement, propre santé négligée. Le paradoxe est cruel — à force de veiller sur l’autre, on tombe à son tour.

Il n’y a rien d’égoïste à s’en préoccuper. Un aidant épuisé n’aide plus personne ; prendre soin de soi fait partie du soin qu’on apporte à l’autre.

Le droit de souffler

Souffler n’est pas abandonner. Passer une soirée sans culpabiliser, garder une activité à soi, poser des limites sur ce qu’on peut assumer : ce sont des conditions pour durer, pas des trahisons.

Et une chose que beaucoup d’aidants découvrent tard : on n’a pas à porter seul. Le rétablissement d’une personne ne repose pas sur les épaules d’un proche — il se construit avec des soignants, des associations, des pairs, tout un réseau.

Où trouver de l’aide

Des associations accompagnent spécifiquement les familles et les proches — l’UNAFAM est la principale en France, avec des permanences dans chaque département. Il existe aussi des groupes de parole entre aidants, des programmes d’information sur les troubles, et des solutions de répit.

Enfin, les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), tenus par les personnes concernées elles-mêmes, rompent l’isolement des deux côtés. Et sur un territoire, le CLSM sait orienter vers les ressources de proximité.

Prendre soin de soi n’est pas abandonner l’autre. C’est la condition pour tenir à ses côtés.
Notion écrite par Moryotis (Nicolas Bottin), pair-aidant. Repères : Psycom, UNAFAM. Cette page informe et ne remplace pas un accompagnement personnalisé.
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